Oyé oyé braves lecteurs, voici venu le moment de votre nouvelle dose taafienne.

Je vous épargne la sempiternelle mise en situation à base de « quarantièmes rugissants » et « cinquantièmes hurlants », mais on y est. Nous voilà dans la partie la plus australe de notre voyage !

Creux … crête … creux … crête …

Tous encore bien excités par notre descente à Crozet, nous reprenons doucement notre rythme de croisière à bord du Marion. La mer s’agite, et si nous ne traversons aucune tempête digne des légendes du coin ça roule tout de même assez pour que le paysage par les fenêtres oscillent entre 100% ciel et 100% océan. Depuis le Forum situé au pont E c’est une chose, mais quand même le hublot de ma cabine au pont G « 2 étages plus haut » s’y met, c’est qu’on commence à valdinguer un bon peu. Mon corps essaie tant bien que mal de se ré-approprier sa propre gravité, tandis que mon cerveau s’accroche à sa fierté marine et refuse d’ingurgiter quelque calmant que ce soit. La nausée vient rapidement frapper à la porte si par malheur je m’installe quelques minutes devant mon ordinateur ou que j’écris plus de 2 cartes postales à la suite, alors je sors régulièrement m’abrutir d’un bon coup d’air frais et de vent à en dreader les cheveux.

Dans la cabine ça grince lentement mais sûrement en suivant la houle, tous les meubles geignent en se tordant suivant le cisaillement que leur impose l’attraction changeante, alors que les vêtements suspendus sur leurs cintres balancent en harmonie de droite à gauche puis de gauche à droite. Le mouvement qui me berçait au début de la rotation pour m’endormir me garde cette fois-ci éveillée toute une nuit : il n’est plus régulier mais saccadé, par à-coups qui font monter brusquement le sang des orteils jusqu’au cerveau.

 

Morceaux de vie tournés alors que c’était « pas si pire » 😉

L’Humain

À nouveau tronçon de périple, nouvelles découvertes humaines ! Je m’assois en soirée à des canapés porteurs de passagers dont la voix m’est inconnue, et mon moi réservé se surprend à discuter de longs moments sans même avoir envie de fuir. Ça parle de tout et de rien, mais aussi beaucoup de choses personnelles qui, on le sait, ne seraient jamais venues sur le tapis si vite hors des TAAF. C’est une ambiance de confiance que je n’ai pas connue ailleurs dans ma vie autrement que dans la bulle de cet isolement. Dans les TAAF en fait, pardonnez le langage, on zappe directement toutes les premières étapes d’une prise de connaissance habituelle. Déjà le tutoiement est de rigueur immédiate, ensuite on n’a jamais l’impression de déranger en venant entamer une discussion, et enfin c’est le cas de le dire : on est tous dans le même bateau et ça se ressent ! En ce qui me concerne les barrières métropolitaines tombent et c’est avec délectation que je vis ces échanges.
Yann, Joyce, Léa, Fred, Brendan, Cyprien, Rémy, Serge, Romain, Ramdane, Baptiste, Sam, Mathilde, Jean-Baptiste, Vincent, Charlène, Anne-Kristel, Mickaël, Anne-Claire … ils sont nombreux à me marquer. Pour l’anecdote et parce que je trouve ce tissage de liens génial, plusieurs d’entre eux m’avaient contactée via mon blog il y a des mois de cela alors qu’ils venaient de postuler pour partir, hésitaient à le faire, ou avaient déjà été acceptés. C’est toujours enrichissant de casser la barrière de la virtualité et de faire connaissance IRL.

19 novembre 2017 : arrivée à Ker

Aaaah, Kerguelen. Ça c’est un sacré morceau de caillou !
Alors qu’en 2015 j’avais découvert le district par le nord (cliquez pour un rafraichissement de mémoire), les retrouvailles se font cette année par la côte sud. Après trois jours de mer depuis Crozet nous abordons le chapelet d’îles de (très) bon matin. Nous avions été prévenus la veille : « mettez les réveils, nous entrerons à 4h du matin dans la Baie de la Table, et ça vaut le coup d’oeil ! ». Je me suis bien sûr exécutée, ai réglé l’alarme de ma montre sur 3h45, ai bien dormi… rectification : ai bien dormi avec le bras enfoui au plus profond des méandres de la couette et de l’oreiller, et me suis réveillée comme une fleur à 7h. 🙂 🙂 🙂

Il est rare que je n’entende pas cette montre sonner, mais ce raté me servira de leçon !

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Rive droite de la Baie de la Table.
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Au mouillage dans la matinée.
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Baie de la Table côté Nord.
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Baie de la Table côté Sud !
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En sortant de la Baie de la Table pour longer la côte sud de Kerguelen, nous passons au large du Mont Ross.
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Cet impressionnant massif aux pyramides de glace est le point culminant de Ker et des TAAF en général. Le sommet atteint les 1850 mètres d’altitude !
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Le Mont Ross est composé du Petit Ross (à gauche) et du Grand Ross (à droite). Il a été le dernier sommet français à être gravi (!!) avec une première ascension en 1975. L’exploit n’a été répété qu’à deux reprises depuis, en 2001 et 2006. Bien que d’une altitude très raisonnable comparée à celles des plus grands sommets de l’alpinisme, le terrain a été décrit par ceux qui l’ont foulé comme très atypique et difficile. Cliquez pour des photos de son ascension.
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S’il y a bien une seule chose qui peut nous tirer de nos rêves extérieurs pour nous rameuter tous à l’intérieur, c’est la sonnerie annonçant le déjeuner… !
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Tel la Verte au-dessus d’Argentière, le Ross se pare de son chapeau d’ouate.
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Tout n’est que séracs et crevasses là-haut.

Débarquement

Dans la journée nous migrons vers le Golfe du Morbihan et c’est au tour des VSC en partance pour Kerguelen de trépigner d’impatience. Ils touchent enfin au but ! Eux posent le pied à terre ce soir, mais pour moi ce sera demain matin. Les voilà tout affairés dans les couloirs, à se diriger de plus en plus nombreux vers la coursive donnant sur le hangar hélico, sac au dos et fourmis aux jambes. Ça y est, PAF est en vue !

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Port-aux-Français, base la plus imposante des TAAF.
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Les hivernants et campagnards d’été de Ker sont descendus à terre dès ce soir.
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Pour moi il faut attendre demain matin, mais je resterai à PAF tout de même quatre jours et trois nuits ! C’est l’avantage de Ker : des OP plus longues et assez d’infrastructures pour accueillir tout le monde à dormir ❤

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Le lendemain matin, c’est une mer d’huile noyée dans le brouillard qui m’accueille par la fenêtre de la cabine que j’occupe à présent seule. Célia est descendue à Crozet, et Isabelle est descendue hier soir sur Kerguelen. Dehors, les opérations logistiques ont déjà commencé depuis un moment : la portière est utilisée pour transporter des conteneurs à terre.

Branle-bas de combat, tout le monde debout ! Aujourd’hui nous (amstellodamois dans le devenir) débarquons à Ker !

Je saute dans mes bottes (qui sont repassées depuis Crozet par la salle de biosécurité afin d’en éliminer toute trace de vie) et cours me dirige vers le tableau d’affichage devant le bureau de l’OPEA. Un peu comme le jour des résultats du bac mais avec moins de stress quand même, je parcours des yeux la liste des rotations hélico en cherchant mon nom. Et mon heure sera….. 8h50 ! Dernier hélico, mais ça n’est pas bien grave puisque tous se tiennent en moins d’une heure.

Je suis prête bien entendu un paquet de minutes en avance, et je rejoins l’agglutinement général dans la maintenant célèbre coursive-entre-ma-cabine-et-le-hangar-hélico. Ça rigole et ça sourit, ça blablate et ça disparait petit à petit derrière la lourde porte métallique qui conduit à la DZ.
Pour ma part je pense à Pierrot, et j’espère qu’il sera là sur base. Vous vous rappelez de Pierrot ? Il a vécu sur Ams avec moi entre avril et septembre 2016 en tant qu’ouvrier polyvalent, et il avait partagé mes dix jours de manip à Entrecasteaux avec Marine, nous contant les folles aventures de Tristan et Iseut un peu tous les soir. Pierrot c’est un sacré gars, et j’avais eu le bonheur d’apprendre il y a quelques semaines via un autre membre de ma mission qu’il serait à nouveau en mission dans les TAAF au moment où j’y passerais moi-même pour ma campagne d’été. On m’avait dit (ou du moins c’est ce que j’en avais retenu) qu’il serait à Crozet. J’étais donc toute contente en début de rotation à l’idée de lui faire la surprise de débarquer sur son caillou. « Hello ! Est-ce qu’il y a un Pierre ici sur base ? Un infra ? » que j’ai gentiment demandé il y a quelques jours au premier crozétien pure-souche que j’ai croisé sur l’île. « Aaah non, pas de Pierre ici ! » qu’on m’a répondu. Mince alors. que j’me suis dit. J’ai dû m’emmêler les pinceaux, il doit être à Ker et pas à Cro…

 

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(c’est trop chouette de voler)

 

Annabelle, disker68 (chef de district de la soixante-huitième mission de Kerguelen) est là pour nous accueillir les uns après les autres au niveau de la DZ passagers de Port-aux-Français. D’un ton enjoué elle nous souhaite la bienvenue et nous invite à nous diriger dans le bâtiment de vie commune pour un petit déjeuner café/croissants histoire de bien commencer la journée et le séjour ! Elle nous indique aussi au passage que le plan d’hébergement est affiché dans l’entrée.

Les copains m’ont attendue, et c’est tous ensemble que nous nous dirigeons vers le grand bâtiment de tôle bleu. Tout comme cinq jours auparavant à Crozet, ça me fait tout drôle de refouler ce sol. La sensation est étrange parce que j’ai vécu tellement de choses depuis mon dernier passage et pourtant je m’imprègne des lieux en un instant, telle une éponge sèche balancée dans une grande bassine d’eau (c’est classe ça comme métaphore). Dire que je n’avais alors encore jamais vu Ams.

Dans l’entrée, nous repérons vite le plan d’hébergement. Résultats du bac : le retour, je cherche mon nom dans ce grand tableau multicolore regroupant les patronymes de dizaines et dizaines de personnes, des noms de bâtiments, les nombres d’occupants, des numéros de chambre, etc. « Oh, Joyce, on n’est pas en dortoirs, on a des chambres individuelles ! ». Upgradées de VSC à scientifiques campagnardes, Joyce et moi ne logeons en effet pas en chambrée comme lors de nos premières visites respectives mais dans le bâtiment Keravel qui regroupe une flopée de petites chambres solo. C’est loin d’être le grand luxe là-dedans (la « salle de bain » est quasiment plus petite que mon frigo) mais c’est le dernier de nos soucis pour être honnêtes.
Je vais tourner les talons pour aller poser mon sac dans ma chambre lorsque mon regard s’arrête sur un trombinoscope affiché à côté. Une seconde suffit pour comprendre qu’il s’agit de celui des hivernants de Ker, regroupés par corps de métiers. Ni une ni deux, je repère le coin des ouvriers polyvalents et survole les petites photos des yeux.

Pas de Pierrot.

Ah non alors ! Je regarde une nouvelle fois (ils sont nombreux à Ker). Toujours pas. Zut de zut, décidément… 😦 L’information qu’on m’a donnée était donc fausse. Pierre a dû rentrer à l’OP2 en août/septembre. Tant pis…

 

Séjour à PAF

Un (ou trois) pains au chocolat et un gentil discours de bienvenue plus tard, nous voici libres de visiter les alentours. Pour sortir du périmètre de la base, comme partout dans les subantarctiques, c’est plus compliqué : il nous faut être accompagnés de quelqu’un d’ici et se noter officiellement sur les registres.
C’est rapidement chose faite, et nous nous échappons pour une première balade…

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La première balade à laquelle je prends part nous emmène à l’est puis au sud de la base (en contournant un bras de mer). Voici un bon groupe de cormorans + un chionis.
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Bonbons !

 

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& in your eyes I see a world…

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Jeune goéland !
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Goéland adulte sur son nid. À Kerguelen, on ne trouve pas les mêmes goélands qu’en métropole. Ici ce sont des goélands dominicains, avec un plumage plus sombre que leurs cousins bretons.
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Bonbon tout neuf 😀
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Maman du bonbon tout neuf.
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Un petit groupe de manchots royaux, dont un jeune de deux ans sur la gauche qu’on reconnait grâce à l’absence de pigmentation jaune dans son plumage et son bec !
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Photo de famille version Ker : manchots royaux, cormoran à leur droite, et éléphants de mer derrière.
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Une petite colonie de manchots papous vient compléter le spectacle de cette marche bien agréable !

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Vous pouvez distinguer les adultes des poussins de l’année (plus petits, grisâtres, « fluffy », sans tache blanche marquée sur la tête).

 

 

 

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En face, ça s’active encore pour les opérations de fret. Le gros bâtiment est celui de vie commune (restaurant en bas, bar en haut). Le bâtiment bleu au fond à gauche est la Résidence (lieu d’habitation du chef de district), le beige au premier plan à gauche est l’hôpital, et pour le reste ce sont des logements.

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Colonie de cormorans dans les rochers.
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Tas de bonbons en étoile.
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Goéland sur colonie de cormorans !

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Gros bonbon ^^
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Cet éléphant de mer est un mâle adulte, bien reconnaissable à son imposante excroissance faciale.

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Sieste confort.

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Rocher vivant 😉
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Mix de jeunes et moins jeunes goélands !

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On joue à cache-cache… ? 😀
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Cachééééééés ! 😀
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Cette photo mérite un zoom, je vous l’accorde :
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(De rien)

Je ne saurais pas trop comment décrire ces quatre jours passés à terre, alors je laisse surtout les photos parler. Mais parce que 95% de mon temps de présence sur Ker n’ont pas été capturés par l’objectif, il faut quand même que je vous raconte quelques trucs. En voilà un :

La pâteuse est une magicienne. La pâteuse, c’est l’une des trois personnes qui cuisinent à Ker. À Ams on a un cuistot et un commis, à Ker ils ont un cuistot, un commis, et un pâteux (plus de monde à nourrir). Ce dernier, enfin « cette dernière » dans notre cas, s’occupe de tout ce qui est pain et pâtisserie. Et mamma miaaaa qu’elle est douée Alice ! À chaque repas nous avons droit à du pain encore tout chaud et divinement bon tel que j’en ai rarement mangé (du « classique » mais aussi du pain au chèvre, du pain aux épices), ainsi qu’à des desserts dignes de grands restaurants. C’est beau et c’est succulent, accompagnant parfaitement le reste du buffet tout aussi appétissant. On dit que la cuisine est le nerf de la guerre dans les communautés réduites et isolées, pas de doute qu’à Ker ils n’ont pas eu à se poser de question là-dessus 😉

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Totoche, le bar / salon / dancefloor le plus huppé du coin.

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Dans les TAAF, tout le matériel de sécurité incendie est arrivé par dons. Ça va des tenues de pompiers lourds aux manches à eau en passant par les véhicules comme ici à Ker. De l’occasion recyclée au bout du monde. On peut (difficilement) lire sur ce pare-choc « Don des sapeurs-pompiers de Savoie (France) » 🙂

Lorsque je ne suis pas en vadrouille, j’arpente la base pour m’en imprégner le plus possible. Je me rends dans des recoins que je n’avais pas explorés il y a deux ans : je visite avec leurs occupants les ateliers chaud-froid et élec’, je pénètre dans les entrailles de la Résidence, et m’aventure même jusque dans l’hôpital (woohoo).

Pendant les heures creuses, je me retrouve en salle de musique avec 3 ou 4 compagnons de route et hivernants et ça joue des petits airs. Je vais aussi assouvir ma grande passion du tamponnage intensif d’enveloppes en allant filer un coup de main au gérant postal pour le traitement de sa dépêche (plusieurs milliers de lettres reçues en début d’OP et qui doivent repartir tamponnées comme il faut le dernier jour). Un tour à la chapelle me permet de constater que mon petit mot est toujours là dans le recueil, bien des pages en arrière, et relire ces lignes me touche particulièrement.

En sortant de la Résidence par un bel après-midi ensoleillé, je tombe pour ainsi dire au bon endroit au bon moment. Trois médecins arrivent à ce moment-là à mon niveau : Christophe le bibker (médecin) et Guillaume le bibou (médecin adjoint) de la mission 67 qui se termine, accompagnés d’Agathe, la médecin de bord du Marion. La relève du bibker, comme pour Ams et Cro, se fait à l’OP3. Le bibou, poste qui n’existe qu’à Ker de par les effectifs plus importants, est relevé à l’OP4 un mois plus tard. Ces deux médecins qui ont partagé le même hivernage pendant 11 mois vivent donc leurs dernières heures ensemble avant le départ de Christophe et ils sont en pleine séance photos-souvenirs de mission pour afficher dans l’hôpital, avec Agathe comme photographe. C’est du moins ce qu’ils expliquent devant nos airs dubitatifs en les voyant débarquer tous les trois un brancard à la main. « Aah, ça tombe bien ! On cherchait quelqu’un pour monter sur le brancard pour la photo ! » Il ne faut pas me le dire deux fois, sachez-le. 🙂
Ça s’est terminé en petite balade sur base perchée en amazone sur ce brancard soutenu aux deux extrémités par les épaules des deux médecins via un système de portage. Assez agréable, merci les gars ! 😀

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Autre balade en partant cette fois-ci à l’ouest de la base, vers deux anses : celle « des pachas » et celle « des papous ». Ici un petit groupe de manchots papous sur le chemin !
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Hey
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Je case ici une carte des lieux cités, cliquez pour ouvrir en grand 😉

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Le futur géner d’Ams, responsable de la logistique IPEV pour la mission 69.

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Ce curieux spécimen -ou spécimen curieux- nous a approché de lui même, sans crainte malgré le petit groupe que nous formions. Dans une application très sérieuse, il est venu minutieusement renifler nos bottes et pantalons les uns après les autres, allant même jusqu’à appuyer de son museau contre ces étranges bipèdes venus d’un autre monde.
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Posture de Fashion Week podium.

Le clou du spectacle

21 novembre au soir. Le dîner est terminé depuis un petit moment maintenant, et la soirée commence petit à petit à prendre de l’ampleur chez Totoche. Ce soir c’est l’avant-dernière soirée avant le départ du Marion, alors c’est décidé : fiesta ! En effet, un bon nombre de campagnards/hivernants vont partie en manip après-demain matin et ne pourront donc pas se coucher tard demain soir.

Les lumières sont tamisées dans la grande salle commune et la musique monte petit à petit en décibels. L’ambiance est encore plutôt calme cependant, les gens jouent au billard, au babyfoot, boivent une bière au bar, discutent dans les canapés. C’est à ce moment qu’Annabelle (disker) surgit de l’escalier qui mène à l’entrée du bâtiment au rez-de-chaussée. Je la suis des yeux et la vois passer de groupe en groupe en annonçant quelque chose que je ne peux pas entendre. Mais je n’ai pas le temps d’être curieuse car bientôt elle se dirige vers nous.

« Aurore dehors ! »

Aurore ?

« Elle est en train de se former ! »

Aurore !

!!!!!!!!!!

Ça y est, mon cerveau a connecté les deux bouts, et avant même que la connexion soit stabilisée mes jambes m’ont fait descendre l’escalier 4 à 4 et je me retrouve dehors. Mes yeux ne sont pas encore habitués à l’obscurité mais déjà je la devine, là, au-dessus du golfe. Ma première aurore… ❤

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C’était peut-être le seul regret à l’issue de mon voyage en Islande 2 semaines auparavant : ne pas avoir vu d’aurore malgré une surveillance accrue des prévisions célestes.
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En 26 ans de vie jamais je n’avais eu la chance d’assister à ce spectacle, et voilà que Kerguelen me l’offre au moment où je ne m’y attends pas.
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La première aura été australe, et non boréale ❤
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(Quand quelqu’un passe avec sa frontale au milieu de ta pose longue)
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Je serais incapable de dire combien de temps le phénomène a duré, ça m’a paru passer vite. Une demi-heure ou trois quarts d’heure peut-être ?
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J’ai en tout cas clairement vu l’aurore devenir de plus en plus intense puis s’éteindre petit à petit.
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Côté terre, avec les lumières de Totoche allumées.
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Côté mer ❤
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Et re- côté terre, avec la bibliothèque sur la gauche.

De retour chez Totoche des étoiles plein les yeux, je profite alors de ce qui restera l’une de mes soirées taafiennes les plus remarquables (et je ne parle pas que du spectacle atmosphérique) jusqu’au petit matin.

Bye bye, Ker..

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