Bonyour 🙂

On se retrouve aujourd’hui pour le second volet de notre retour en terres australes. Merci pour l’accueil que vous avez réservé au premier ! Croyez-moi, ça m’émeut tout autant que vous de replonger dans l’aventure…

Crozet approche

La température de l’air extérieur chute drastiquement, et il est grand temps pour moi de ressortir mes habits chauds tout fraichement lavés à bord après avoir bien servi en Islande la semaine dernière. Les jours de mer passent et se ressemblent, mais sans ennui de mon côté. C’est trop beau à vivre pour s’ennuyer ! J’assiste à des conférences données par certains scientifiques présents sur la rotation, et j’en profite pour en proposer moi-même une sur l’étude du mercure atmosphérique. L’OPEA (responsable de l’organisation de la rotation) me demande par ailleurs de réaliser le trombinoscope de l’ensemble des passagers, ce que j’accepte avec plaisir. Sans vous les montrer en grand pour préserver l’anonymat des personnes, voilà en gros ce que ça a donné après avoir photographié tout le monde (j’ai été aidé par des coupains d’Ams) et mis ça en page (une page pour les gens qui vont à Ams, une pour ceux qui vont à Cro, 2 pour Ker et 2 pour les gens qui font juste la rotation sans rester ensuite sur l’un des districts)  :

J’ai aussi participé à la traditionnelle séance de philatélie – tamponnage de tout le courrier posté à bord- avant l’arrivée à Crozet. En parlant de ça d’ailleurs, je ne vous ai même pas montré dans l’article précédent mon tampon philatélique réalisé pour cette campagne d’été ! Le voici le voilà :

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Je l’ai volontairement créé très ressemblant à mon tampon d’hivernage pour la trame. Histoire de continuité, tout ça…

Je ne vous ai pas dit non plus (j’en ai décidément oublié des choses) mais sur le bateau j’ai retrouvé un bon paquet de têtes connues ! En plus du pilote d’hélicoptère et de plusieurs marins du Marion, ce sont bien une dizaine de campagnards d’été ayant déjà participé à des campagnes les années précédentes que j’ai recroisés ici. Certains avec qui j’avais vogué à l’OP3 2015, d’autres rencontrés seulement à l’OP4 l’an dernier. Certains même avec qui j’ai vécu plusieurs semaines sur Ams au début ou à la fin de mon hivernage. Amandine par exemple, avec qui j’avais aussi partagé ma cabine au retour en décembre dernier. Jérémy et Vincent, avec qui j’ai passé un et deux mois de campagnes d’étés. Tous trois travaillaient sur l’épidémie de choléra aviaire qui touche les albatros d’Entrecasteaux. Et puis surtout, j’ai retrouvé Joyce, qui n’est autre que ma prédécesseur au poste de mercurienne amstellodamoise ! Vous vous rappelez peut-être d’elle dans l’un de mes tout premiers articles postés à Ams et consacré à la passation de consignes concernant mon travail. Joyce a eu l’opportunité avec son nouveau travail en métropole (dans le laboratoire pour lequel je mesurais l’ozone en hivernage) de revenir dans les TAAF juste le temps de l’OP3. Elle ne reste pas comme moi jusqu’à l’OP4 malheureusement, mais va pouvoir travailler à des maintenances d’instruments à Pointe B pendant le temps de l’OP. Nous serons alors, et ça ne doit pas être courant, 4 représentants successifs du poste de VSC mercure présents sur l’île en même temps ! Joyce pour Ams66, moi pour Ams67, Marine pour Ams68, et Yann pour Ams69.

Bref, le titre dit que Crozet approche, alors revenons à nos îlots. Le temps se refroidit donc, la température de l’eau tout autant, et dans le ciel ça y est, les premiers pétrels et albatros pointent le bout de leur bec. Les ornithologues sautillent d’excitation sur les ponts : subantarctique, nous voilà !

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Pétrel à menton blanc.
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Albatros VS pétrel, une différence de taille… 🙂
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Le menton blanc du pétrel à menton blanc, CQFD
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La der !
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Damier du cap !
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Damier du cap côté face.
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Et re-pile !

Et puis, le 14 novembre, au petit matin, en ouvrant les rideaux…

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Vue depuis mon lit au réveil 🙂

Nous ne nous sommes pas dirigés directement au niveau de la base Alfred Faure, mais faisons d’abord aujourd’hui une halte au nord-ouest de l’île de la Possession en face de la cabane de Pointe Basse. Missions scientifiques et logistiques (ravitaillement en nourriture de la cabane) au programme, l’hélicoptère sort de son hangar !

Le sentiment est étrange alors que mon regard court sur ces reliefs déchiquetés. Le flash-back deux ans en arrière est inévitable, et c’est avec un petit pétillement au cœur que je reprends conscience une fois encore que je suis de retour. Jamais je ne l’aurais imaginé en 2015 en passant ici une première fois. C’était pour moi un one-shot, et je m’estimais déjà tellement chanceuse d’être là..

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À proximité, la Pointe des Moines et la Roche Percée !
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Au bas des falaises qui délimitent toute la côte, dans chaque espace assez plat disponible, des milliers de manchots royaux.
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Les taches grises sur le rivage en sont ! On devine aussi la cabane de Pointe Basse au-dessus de la falaise au centre de la photo.
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Panorama du paysage qui se dévoile devant nos yeux en ce 14 novembre 2017. (cliquez pour ouvrir en grand)

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Cabane

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En passerelle de commandement.
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En passerelle de commandement (bis) 🙂
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Détails paysagers, début de série !

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Détails paysagers, fin de série.
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Un autre damier du cap (aussi appelé pétrel du cap) pour la forme.
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L’hélicoptère emporte à son bord quelques ornithologues et personnels de l’IPEV.
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Marsouinage 🙂
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Gros marsouinage !
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Albatros..

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Juste au-dessus des falaises, on devine de nombreux grands albatros, poussins (sombres) et adultes (blancs). Il s’agit d’une colonie regroupant des dizaines de nids !

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Autour du bateau, en pleine séance de chasse en famille, plusieurs groupes d’orques fendent régulièrement la surface de l’eau de leurs ailerons dorsaux. Des grands mâles, facilement reconnaissables à la taille imposante de ce dernier, des femelles et des jeunes, aux ailerons bien plus petits et plus courbés. Ils sont entourés de nuées d’oiseaux, albatros, pétrels, qui profitent du remue-ménage pour pêcher aussi j’imagine. De temps en temps, une tête ou une queue sortent aussi de l’eau pour notre plus grand plaisir. Que c’est beau, que c’est beau…

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C’est parti pour la valse des orques, préparez le popcorn.
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À la queue-leu-leu ^^
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La série va être longue, mais c’est tellement… beau d’assister au ballet naturel de ces géants des mers !

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Featuring l’hélico ! Bon, si vous trouvez ça long, attendez de voir la série sur les manchots… 😀

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Pétrel géant !

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Fin de mission, l’hélicoptère ramène à bon port les personnes qui étaient descendues à terre.

14 novembre au soir, devant Crozet

Il fait nuit et je suis installée au Forum, bar du Marion, avec mes compagnons de voyage. Nous venons de fermer tous les rideaux de la salle, précaution d’importance à proximité des côtes afin éviter le plus possible d’attirer sur les ponts du navire les oiseaux marins qui passent à proximité. Ces derniers, subjugués par les lumières des hublots, se posent sur le Marion et n’arrivent alors bien souvent plus à redécoller.

L’ambiance est à l’excitation : demain, les VSC hivernants de la 55ème mission crozetienne vont enfin poser le pied sur l’île qui va les accueillir pour plus d’un an, l’île de la Possession. Pour nous autres, le doute subsiste encore sur notre descente à terre qui dépendra de la météo mais l’espoir est bon. Les promesses de manchots royaux, de première découverte d’une base scientifique pour beaucoup, de se dégourdir enfin les jambes au grand air, sont autant de doses d’adrénaline injectées en chacun d’entre nous. Mais en attendant… nous jouons aux cartes !

Éclats de rire et brouhaha, le second service du dîner est terminé et les activités de soirée vont bon train lorsque tout à coup les visages se figent. Les haut-parleurs du bateau viennent de se réveiller et expulsent dans nos tympans une longue et lente alarme en série de coups plus ou moins longs et répétitifs. Nous reconnaissons immédiatement un signal d’alerte semblable à celui que nous avons connu lors de l’exercice d’évacuation le jour de notre départ. Un nouvel exercice ? Nos regards perplexes échangés en quelques secondes trahissent les mêmes pensées : il y a eu plusieurs exercices supplémentaires depuis la Réunion, tous réservés à l’équipage, et tous annoncés comme tel avant le lancement de l’alarme par un message vocal général. Là, rien.

La scène suivante n’est pas faite pour nous rassurer. Alors que deux ou trois coups seulement ont eu le temps de retentir dans le Forum, je tourne la tête vers les marins-officiers qui sont en ce moment-même en train de disputer une partie de baby-foot avec des scientifiques non loin de notre table. Ils viennent de stopper net leur jeu et leurs visages souriants un instant auparavant ont viré au grave. Sans un seul mot, ils échangent un regard entre eux, lâchent simultanément les poignées de leurs joueurs et d’un pas rapide et assuré traversent tout le restaurant pour disparaître dans les coursives. Non, ça n’a clairement pas l’air d’un exercice programmé d’avance.

Tout cela n’a duré que quelques instants et l’alarme retentit encore. Nous ne savons trop comment réagir, on hésite à se lever et je demande à Cyprien (informaticien Ams69) à côté de moi « Tu te rappelles quel signal c’est celui-là ? Feu ou évacuation ? Il faut aller chercher les combis ? ». Bien sûr personne autour de nous ne sait répondre à cette question. « C’est marqué sur les portes de nos cabines, on peut aller voir. » Le Forum est resté plutôt figé, Cyprien et moi nous levons pour aller vérifier ça précipitamment.

C’est au moment où j’ouvre la porte de ma cabine deux ponts plus hauts que l’alarme s’arrête et que la voix du commandant retentit à la place. « À tous, à tous, l’alarme est une fausse alerte. Je répète, l’alarme est une fausse alerte. Désolé(s) pour le dérangement. Et… euh.. bonne soirée ? ». Sourire et soulagement !

Le débarquement

15 Novembre. Ça y est ! Pendant la nuit le Marion a migré à l’Est de l’île, et au réveil c’est une nouvelle vue qui s’affiche à ma fenêtre. La base Alfred Faure, la Baie du Marin, nous y sommes ! Ni une ni deux, j’enfile tout un patatra d’habits chauds (la réputation de Crozet n’est plus à faire, et j’ai encore un vif souvenir de l’averse de grêle qui nous avait surpris en 2015) et je sors sur les ponts extérieurs.

….

Mais..

Il fait chaud !

Pas une brise, l’air est doux et agréable, de ces températures où il ne fait ni trop froid ni trop chaud, où notre corps semble en parfait équilibre avec son environnement. Je retire deux couches de vêtements, gants et bonnet, et souris satisfaite. Voilà une bonne journée qui commence !

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Nouveauté depuis l’an dernier, des écrans affichent maintenant au PC science (salle IPEV au pont F) notre position en temps réel sur une carte, accompagnée de tout un tas d’informations telles que notre vitesse de croisière ou les données météo.
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Petite carte de l’île de la Possession avec les différents lieux cités dans cet article. (cliquez pour ouvrir en grand)
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Comme à l’accoutumée, des petits groupes de manchots royaux curieux viennent nager autour du Marion Dufresne alors que nous nous mettons au mouillage face à la Baie du Marin.
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Les différences dans la couleur de l’eau de cette série de photos s’expliquent par l’utilisation ou non d’un filtre polarisant, et par la luminosité ambiante et l’angle d’incidence de prise de vue changeant d’un cliché à l’autre.

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Après la dépose des hivernants et campagnards entrants ainsi que des quelques chanceux qui vont passer l’OP sur base, les rotations logistiques débutent. Il y a beaucoup de matériel à déposer sur le district, et toute une autre partie à récupérer.
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Petit zoom sur la Baie du Marin.
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Derrière nous, la mystérieuse Île de l’Est, cachée derrière son manteau de nuages.. ❤
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Élinguage.
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C’est parti !
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Série sombre, parce que le sombre c’est cool.

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Formation en V.

Je rentre un peu à l’intérieur du bateau et rejoins les VSC au Forum. « Vous savez si on descend aujourd’hui ? » La question est la même sur toutes les lèvres, mais personne n’a vraiment de réponse. « J’ai entendu que ça ne serait que cet après midi pour nous, on mange à bord. Et tout le monde ne descend pas, ceux qui ne descendent pas cet aprèm n’iront que demain matin. C’est l’OPEA qui l’a dit. » Bon.. Ça risque encore d’être la course avec seulement 2h sur place comme la première fois. J’espère en tout cas pouvoir descendre tout court et que la météo ne va pas se dégrader.

Le jeune commis de cuisine qui part pour Ams me demande si je peux l’aider à avancer à l’ordinateur son dessin de tampon philatélique, et j’accepte : ça fera défiler le reste de la matinée plus vite ! Je sors donc du Forum pour aller chercher mon portable dans ma cabine, et commence à grimper les premières marches de l’escalier central.

« Isabelle ! »

Frein à main, je me fige et me retourne.

« Dans 5 minutes. Hangar hélico. Tu descends maintenant. »

C’est Thierry, l’OPEA, arborant l’air pressé qui incombe aux jours très chargés des OPs sur districts.

« Maintenant ? Genre, maintenant maintenant ?? Mais je croyais qu’on mangeait à bord ? »

« Oui non, pas toi. Tu mangeras sur base. Dans 5 minutes ok ? Tu pars avec les officiers du Marion. »

Woohooooooo ! Demi-tour toute, je retourne en courant (oops non, on ne court pas dans un bateau) au Forum prévenir les autres de mon départ imminent et ai tout juste le temps d’aller rassembler 2-3 affaires pour la journée dans ma cabine (heureusement située juste en face du hangar hélico, pour rappel). Appareil photo chargé, ok ! Manteau, ok ! Gants et bonnet, ok ! Enthousiasme et excitation, ok !!

Dans la coursive qui sépare ma cabine du hangar je retrouve les officiers habillés (une fois n’est pas coutume) en civil. L’OPEA, qui gère la liste des personnes descendues à terre et est déjà en train de faire partir d’autres personnes avant nous sur la DZ, ouvre la porte du hangar dans lequel il se trouve et nous fait signe d’entrer pour nous préparer au départ.

« Les gars (note de moi : OPEA s’adressant aux officiers), on vous reprend à 13h. Isabelle, sois à la DZ à 16h45, ok ? »

16h45 ?! Wooohooooo (bis) ! Il n’est pas encore 11h et ça me laisse 6h devant moi pour profiter de Crozet, énorme. Je savais qu’aujourd’hui était un bon jour 🙂

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Excitation à son comble ! On attend l’hélicoptère qui va nous amener à terre.
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Ce vol en hélico est le premier pour moi depuis mon départ d’Ams il y a 11 mois. Toujours aussi fascinant et source d’euphorie fulgurante !
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Base Alfred Faure, mât des couleurs. Avant le déjeuner prévu à 12h, j’ai le temps de bien visiter la base. Il y a deux ans j’étais juste allée à l’hôpital et dans le bâtiment de vie commune, cette fois-ci j’arpente du nord au sud et d’ouest en est ! À droite un hangar d’approvisionnement, au fond le bâtiment de la réserve naturelle et la caserne, à gauche en vert la déchetterie.
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Hôpital tout à gauche, serre en plein milieu (qui n’accueille plus de potager maintenant interdit, mais sert de… salle des fêtes ? :D), le bâtiment tout au fond au fond : le BCR (communications radio) et la GP (gérance postale), le rouge au toit bleu : les chambres froides, et à droite des logements.
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La centrale ! Lieu de production de toute l’électricité de l’île (ça sonne sérieux comme ça), enfin de la base quoi, dont s’occupent les marins, comme à Ams.
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Ce grand bâtiment regroupe l’Albatros, où logent les VSC (volontaires de service civique, d’ailleurs pour rappel) pendant l’hivernage, et le Biomar où se trouvent leurs bureaux.
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La Résidence, où logent le chef de district et le chef infra 🙂

Joyce est aussi descendue pour la journée entière, tôt ce matin. Elle a en effet du travail à faire pour son laboratoire ici. C’est donc avec elle que je me rends à la viecom pour le déjeuner. Ça peut paraitre tout bête, mais le simple fait de vivre un repas sur Crozet me rend heureuse. C’était jusque là le seul des trois districts austraux où je n’avais pas pu le faire, et mine de rien même si les déjeuners pendant une OP n’ont rien à voir avec ceux bien plus calmes d’une mission hors-OP, c’est un moment spécial où on se sent un peu plus intégré à la vie de la base. J’observe les hivernants et ils me rappellent moi-même à Ams il n’y a pas si longtemps que ça. Les petites habitudes qui transparaissent, les serviettes de tables rangées dans leurs casiers et qu’eux seuls vont chercher, la personne responsable de la vaisselle aujourd’hui, le fait qu’il n’y a qu’une poignée de personnes ici qui porte des chaussons et sait où sont rangés les verres, où aller remplir l’eau des carafes, … Sourire intérieur.

Je discute un peu, en particulier avec le cuistot après que nous nous soyons mutuellement reconnus pour nous être déjà croisés dans les TAAF aux cours de précédentes OPs. Bientôt l’hélicoptère reprend ses rotations, et vient déposer sur base pour quelques heures un lot de futurs hivernants Ker et Ams tout excités. Je retrouve donc les copains, et nous partons ensemble (accompagnés par des hivernants locaux) à l’aventure !

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En petit groupe, nous descendons à quelques minutes de la base sur un sentier balisé pour aller observer des albatros qui nichent à cet endroit.
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Un petit skua sur le chemin ^^
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La Baie du Marin n’est pas loin. Après le déjeuner, c’est décidé, on ira !
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Poussin de grand albatros ! Très ressemblant à l’alba d’Ams, si vous vous rappelez de lui lors de mes manips sur le Plateau des Tourbières.
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Albatros fuligineux à dos clair. À Ams, c’étaient des albatros fuligineux à dos sombre !
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Séance d’étirements.

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En fait, j’aimerais beaucoup hiverner ou au moins passer plusieurs semaines / mois à Crozet. C’était une réflexion que je m’étais faite en 2015, et qui a été confirmée par mon second passage. Cette île a l’air de regorger de magnifiques espaces, et le pouillème qu’on en devine en n’y passant que quelques heures me donne un peu trop l’eau à la bouche.

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Manchooooooooooooooots ❤ Nous venons de descendre en Baie du Marin !
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Les poussins de l’année 2017 sont en train de perdre leur duvet marron. Sous ces petites touffes ébouriffées se révèle un beau plumage adulte noir, blanc et jaune, bien plus imperméable et qui va leur permettre de bientôt partir en mer !
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Tous les poussins n’en sont pas au même stade de mue, beaucoup en cette mi-novembre sont encore entièrement recouverts de duvet.
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Trouvez Charlie, le retour.
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Cette petite chose en position de flamant rose est un chionis ! Non présents à Ams, les chionis sont des oiseaux bien curieux qui sautillent et courent en slalomant entre les manchots royaux, picorant le sol de leur bec pointu.

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Les éléphants de mer en voisins pas trop dérangeants.
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Gratouilli gratouilli.

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Dans le brouhaha presque assourdissant de la manchotière, on repère très rapidement que la plupart des individus adultes se tiennent en couple. L’un face à l’autre, interagissant régulièrement de façon sonore ou en se grattant avec leurs becs, ils restent ensemble et repoussent tout autre manchot s’approchant un peu trop de leur espace vital.

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Tous les manchots royaux n’ont pas le plumage aussi jaune au niveau de leur tête. Si celui-ci est bien coloré…
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… celui-là au contraire est bien palot ! Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un vieil individu. Ce sont en règle générale les jeunes de 2 ans qui présentent cette absence de pigmentation. Elle revient par la suite.
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Un ami crozetien surnomme les chionis des « pougeons » (Baptiste si tu passes par là.. ! ;)) et ça leur sied à merveille. Il suffit de les regarder évoluer pendant dix secondes pour se rendre compte qu’ils pourraient très sérieusement être issus d’un croisement comportemental entre une poule et un pigeon. !

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Petit skua… surveille ses proies ? Qui sait ce qu’il peut bien y avoir dans sa tête à cet instant.
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À bord du Marion, une partie des hivernants en partance pour Ams et Ker n’ont pas encore eu la chance de descendre. Heureusement, tous pourront finalement le faire avant notre départ !
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Un petit air de défilé haute couture en fourrure (pas bien.).
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Petite pause dans le marathon manchotiesque, reprenez votre souffle avec cet adorable bonbon ! Et c’est reparti.

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Et la palme d’or du look le plus sexy revient ààààààà…..
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Séance intensive de boudage.

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Une femelle éléphant de mer. Nous n’avons pas l’habitude d’en voir à Ams où seuls des mâles (jeunes en général) viennent s’échouer quelques semaines par an.
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Il faut bien commencer la mue quelque part !

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Qui sait, peut-être qu’en grattant un bon coup ça partira plus vite.. ?

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Allez c’est bientôt fini ! Une petite réunion de famille, 4 clichés et on s’en va.
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Ce poussin réclame à manger à sa mère…
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… qui reste plutôt de marbre.
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Oui, oui, je vois bien que ça baille au fond de la classe, c’est bon on y va.
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(au cas où vous n’auriez toujours pas trouvé Charlie)

Le choc n’était certes pas celui de ma première visite à la manchotière, mais le constat final est le même. Ça vous prend aux tripes, votre cerveau bugue à répétition tellement le contenu de votre champ de vision et votre environnement sonore est in-croyable au sens premier du terme, et vous êtes là, un peu hébété, à vous imprégner de tout ça tant que possible.

Parce qu’il faut partir un jour

L’après-midi est passé à une vitesse folle, et déjà il est l’heure de remonter pour être à temps à la DZ. Ce sont les derniers au-revoir avec les VSC et la médecin de Cro55 qui ont partagé le début de rotation avec nous, on leur souhaite tout ce qu’il y a de meilleur pour cette année de folie à venir. Bye bye, Cro…

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À Crozet, ils ont aussi leur équivalent de « banc de la solitude ». Ce petit endroit où tous ceux qui restent se regroupent au départ du Marion pour un dernier au-revoir à la radio.. C’est là que nichent les albatros que je suis allée voir en descendant à terre ce matin. On les devine, taches blanches sur la végétation sombre.
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Il est temps à présent de partir plein Est vers Kerguelen. Pour cela, nous allons longer comme en 2015 la côte sud de l’île de l’Est, rocher le plus oriental de l’archipel de Crozet.
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Île de l’Est. Je crois que de toutes les TAAF, c’est l’endroit qui m’attire le plus. L’envie d’y débarquer est sûrement proportionnelle à l’interdiction de le faire, vous me direz. Mais cette île, dans la découpe de ses paysages, a un côté si mystérieux et immaculé qu’il est facile de s’imaginer y vivre de formidables Aventures de Découvertes avec un grand A et un grand D. (cliquez pour ouvrir en grand)

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Des centaines, des milliers d’oiseaux volettent au-dessus des flots entre l’île et le bateau. Jamais auparavant je n’en avais vu autant ! Et ça dure, ça dure encore.

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Les albatros nous accompagnent sur le trajet..
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Au revoir Crozet !

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