Re-bonjour par ici !

Plus vraiment le temps de quitter la base en ce moment, mais en octobre – novembre avant l’arrivée de l’OP3 j’ai pu profiter un peu de l’île avec quelques dernières manips. Je vous les présente ci-dessous 🙂

Une nuit à Antonelli

La cabane d’Antonelli, à 45 minutes à pied de la base, est le lieu idéal pour s’en éloigner en petit comité le temps d’une nuit. C’est pour une soirée de jeux de société que Marine, Guillaume, Quentin, le doc’ et moi nous y sommes rendus le 27 Octobre dernier. J’en ai profité pour emporter mon trépied, espérant que le ciel serait dégagé !

Nous avons passé la soirée à jouer à divers jeux de cartes et de rôle, éclairés par la seule lueur des bougies, et dévorant un bon repas arrosé de vin. Le moment venu, Guillaume a installé son hamac à travers la cabane alors que nous quatre autres nous couchions dans les quatre lits disponibles.

01_dsc_6106
Ciel nocturne depuis Antonelli.
02_dsc_6108
Lueur de la base à quelques kilomètres de là.
03_dsc_6109
❤ Hey you
04_dsc_6110
Nice to meet you again, Milky Way.
05_dsc_6113
UFO in the sky.
06_dsc_6115
À gauche, la balise de signalisation du point de mouillage pour les navires.
07_dsc_6116
Nuages galactiques.
08_dsc_6121
Petit dej’ tout en douceur après une bonne nuit de sommeil.

Suivi de la flore amstellodamoise

Régulièrement au cours de l’hivernage, Julien (VSC resnat responsable du suivi flore et habitats naturels) doit retourner à différents endroits de l’île pour noter quelle est la végétation présente sur des transects témoins marqués par deux piquets laissés là en permanence. Le 28 octobre, après être rentrée d’Antonelli par un temps magnifique et en passant à Pointe B pour bosser un peu, j’ai déjeuné en extérieur devant le Skua avec le reste de la mission.

« Hey Isa, tu fais quoi cet aprèm ? » (Julien, assis en face de moi)

« Bah normalement je vais à la formation anesthésie du doc’, il leur manquait quelqu’un pour la faire. Mais bon avec cette météo je t’avoue que je préférerais être dehors… » (moi)

« Eh oh, un peu plus d’enthousiasme Isa ! » (doc, assis à côté de moi)

« Viens avec nous, il nous manque une personne pour la manip inventaire bota cet aprèm ! » (Ju)

*tourne la tête plusieurs fois vers Ju puis Nico* (moi)

« Isa si tu fais ça…. » (doc)

« Allez viens Isa ! » (Ju)

« Allez doc’, tu m’en voudrais vraiment ? » (moi)

« Oui. » (doc, avec son bon regard du « je veux que tu t’en veuilles »)

« Je viens Ju ! » (moi)

Le doc’ ne m’en a pas voulu (enfin j’espère doc, je sais que tu liras ça haha), il a trouvé quelqu’un d’autre pour la formation et j’ai accompagné Ju et Marine pour la manip’ de l’aprem sur le début du transit d’Entrecasteaux.

08bis_trajets-sur-carte
Trajet de la manip : les transects que nous avons relevés se situaient à proximité du chemin montant à la Caldeira.
09_dscn43301
La manip se déroule ainsi (méthode de « point-contact ») : nous tirons un mètre ruban entre les deux piquets, et avons avec nous deux tiges d’1 m (une pour chaque manipeur) graduées. Il nous faut les poser au sol tous les 10 cm le long du transect, et à chaque fois dire à Julien quelles espèces végétales touchent la tige, et à quelle(s) hauteur elles le font. Pour aller plus vite on se relaie avec Marine, je fais la graduation 10, elle fait la 20, je fais la 30, etc. Et ceci sur 20 ou 30 m selon les transects !
10_dscn4345
Rien de mieux qu’une météo au top pour ce genre de manip par ailleurs plutôt répétitive.
11_dscn4347
« 6 m 70, mousse au sol, houlque de 0 à 30, jonc entre 40 et 50 ! » « C’est noté ! »
12_dscn4348
100 % de l’effectif féminin à 1500 km à la ronde sur ces clichés !

Détermination botanique de l’habitat de l’alba d’Ams

Dans le cadre du plan de conservation de l’albatros d’Amsterdam lancé par la Réserve Naturelle des Terres Australes il y a quelques années, plusieurs projets d’étude sont en cours. L’un d’entre eux consiste à caractériser l’habitat de nidification de l’espèce sur le Plateau des Tourbières, afin de déterminer si la zone actuellement utilisée par les couples reproducteurs pour l’élevage des poussins est susceptible de s’agrandir pour accueillir une population en expansion.

C’est Julien qui, depuis quelques mois, a mis en place tout un protocole afin de répondre à cette problématique. Il a travaillé en collaboration avec Marine afin de bien appréhender le territoire de cette espèce rarissime et de préparer au mieux son travail sur place : il a défini 100 points gps répartis sur et en périphérie de toute la zone de nidification 2016 définie par Marine lors de ses prospections de nids il y a quelques mois. Certains points sont situés au niveau de fortes densités de nids, alors que d’autres se trouvent au contraire et volontairement là où aucun alba d’Ams ne niche.

Au niveau de chacun de ces points, il faut faire un inventaire botanique complet sur une maille carrée de 10 m de côté : on définit le terrain (pente, type de sol, exposition au vent, proportion de mousses et d’herbacés, présence de roches, etc) puis on dresse la liste exhaustive de chaque espèce végétale présente (même la plus petite !), on détermine sa proportion de recouvrement de la maille, sa hauteur maximale, sa sociabilité (fait-elle des patchs ou est-elle mélangée aux autres espèces ?), et tout un tas d’autres critères du style.

12bis_trajets-sur-carte
Trajet de la manip. Nous avons inventorié ce jour-là une dizaine de mailles (appelées « placettes ») sur la partie Nord du Plateau. Depuis, Julien est retourné plusieurs fois en manip là-haut et a à ce jour presque fini d’inventorier ses 100 placettes !
13_dsc_6306
Le guru de la météo n’est pas avec nous aujourd’hui ! Brouillard, vent, et même pluie nous accompagnent toute la matinée sur un Plateau des Tourbières quasiment entièrement caché à notre vue. Nous avons tout de même la chance d’observer quelques poussins albas d’Ams sur leurs nids !
14_dsc_6307
Nés vers le mois d’Avril dernier, ils ont déjà atteint leur taille quasi-adulte. Ils sont en train de perdre leur duvet de poussin, dévoilant par taches parsemées et parfois assez comiques leur plumage d’adulte. Rappelez-vous, en janvier dernier j’étais allée voir les poussins de la cuvée 2015 juste avant leur envol, et il leur restait un peu de duvet accroché au niveau du cou ! Ce sera le cas de ceux-ci dans un mois.
15_dsc_6310
Autre poussin, autre ambiance ! Les « petits » attendent sagement sur leurs nids (impassibles devant les conditions météo) que leurs parents partis en mer reviennent les nourrir. Certains commencent même à se dégourdir un peu les pattes en se promenant aux alentours de leurs nids !
16_dsc_6313
Nous restons à une certaine distance des oiseaux pour ne pas les effrayer. Nous ne sommes pas ici pour une manip ornitho, il n’y a donc aucune raison valable de s’approcher des nids. Et si cela doit être fait, c’est à quatre pattes pour rester sous la hauteur des yeux de l’oiseau et ne pas l’effrayer.
17_dsc_6332
Photo non représentative de la manip ! Il s’agit là d’une des rares éclaircies de la journée, comme sur plusieurs photos suivantes, seuls instants où j’ai osé sortir l’appareil photo de sa sacoche étanche.
18_dsc_6334
Julien en plein inventaire bota 🙂
19_dsc_6364
L’île Amsterdam, gruyère (pardon, emmental) volcanique avec ses innombrables trous de lave dont les fonds humides sont recouverts de fougères.
20_dsc_6365
Marine et Ju, leurs pantalons flexos désinfectés (pour éviter de trimbaler des maladies aux oiseaux) et leurs raquettes aux pieds pour ne pas abîmer les mousses.
21_dsc_6368
Autre trou !
22_dsc_6379
Définition d’une maille de 10×10 m.
23_dsc_6388
Un petit Blechnum penna-marina tout rouge, ne mesurant pas plus de 2 cm de haut (elle peut atteindre une 10aine de centimètres à d’autres endroits). Cette petite fougère, native d’Ams, est présente sur une grande partie des hauteurs de l’île 🙂
24_dsc_6391
De la sphaigne, mousse bien présente sur le Plateau et joliment colorée !
25_dsc_6398
Un trou un tant soit peu plus grand… ^^ Plongée des deux loulous !
26_dsc_6400
Et sur ma gauche à l’endroit même où la photo précédente a été prise, encore une dépression topo, tel un entonnoir sans fond.
27_dsc_6402
Paysages d’un autre monde.
28_dsc_6410
Petit Blechnum tout enroulé 🙂 Vert, orange, gris, marron, rouge, la fougère se colore de toute une palette de teintes selon son stade de vie et les conditions climatiques.
29_dsc_6412
Zoomed in.
30_dsc_6419
Fin de journée, retour vers la bordure du Plateau, Marine cachée dans les joncs à gauche.
31_dsc_6423
Ju dépasse un peu plus ! Haha. La base en arrière plan.
32_dsc_6424
Nous sommes arrivés aux touques, bidons étanches accrochés aux vestiges de la clôture à vaches qui suit la ligne topo des 400 m d’altitude. C’est ici que nous quittons le périmètre protégé du Plateau des Tourbières : on peut retirer le flexo, changer de bottes, ranger les raquettes. Pointe B et la base visibles sur la côte !
33_dsc_6431
Photo souvenir des manipeurs polaires des tropiques !
34_dsc_6432
Base Martin-de-Viviès, home sweet home.
35_dsc_6435
Pointe B et Anto, où nous avons dormi le soir-même 🙂

Reprenons les bonnes habitudes, voici pour vous le Poupi de la fin ! Cuvée 2016, maintenant disparue d’Ams alors que la relève est déjà en route (de plus en plus de nouveau-nés tout noirs sur la côte ces jours-ci !)

36_dsc_2602
Qu’ils étaient mignons…

Bises australes,

signature2

Publicités